lundi 15 mars 2010

Voyage Venezuela XI





























































Dauphin ...rose

Ou...... Les Poupeney se la jouent Crocodile Dundee

Nous quittons Merida ce matin pour un tour dans les Llanos.
La montagne est bien plus belle de ce côté, il y a beaucoup d'arbres, de jolies maisons
et de grands hôtels plutôt excentriques ( des châteaux forts, des chalets suisses démesurés ! ),
et même l'œuvre

d' un illuminé local, une chapelle de pierre. On s'arrête près d'une
jolie lagune, à 3700 ms, il fait frisquet, d'autant que le gars de
l'agence nous a dit de nous habiller léger !
Les pentes sont couvertes de frailejones, ces jolies plantes
duveteuses, ce doit être magnifique à la floraison. On s'arrête
près d'une jolie cascade, le voile de la mariée, mais il n'a pas plu
depuis 6mois, le voile n'est pas très large!
On redescend vers les Llanos, on déjeune de viande de bœuf grillée
( un peu cuite!)
accompagnée de salade (plein! ),de yuca, de plantain frit et de
fromage genre mozzarella, un vrai festin !
On traverse l'Etat de Barinas, une végétation superbe, des arbres
immenses, puis on arrive dans l'État d'Apure, le paysage a changé, on
traverse de vastes plaines gorgées d'eau, il y a une quantité
d'oiseaux incroyable, de toute les couleurs, les plus spectaculaires
sont les ibis d'un vermillon éclatant auprès desquels les spatules
rose tendre font pàle figure !
Je n'ai pas compté les iguanes, les caïmans, les "capibaras" ( de
gros rongeurs qui ressemblent à des cochons d'Inde géants)
On arrive au campement sous une pluie battante, tant mieux ça va
rafraîchir l'atmosphère !
La plaine s'étend jusqu'à l'horizon interrompu seulement par la
silhouette des vaches.
Au matin, nous partons faire un tour en bateau. C'est un vrai paradis
pour les naturalistes, c'est l'enfer pour moi car je n'arrive pas à
faire les photos que je voudrais!
Vous allez être déçus, mais les oiseaux volent trop vite !
Voici donc un catalogue ( non exhaustif) des espèces rencontrées:
Des hérons, petits, grands, très grands.
Des ibis de différentes couleurs
Des palmipèdes
Des rapaces, guacamayo, gavilàn, osprey (tiens, la marque de nos sacs
à dos !), un aigle pêcheur.
Des Martin-pêcheurs
Des petits, de toutes les couleurs
Le pechicastaño, ou agame, rare, bleu au poitrail noisette.
Des tortues, des iguanes à tête verte, des caïmans, ( quasiment
partout! )
Des familles entières de capibaras
Nou pêchons quelques pirhañas que nous offrons aux rapaces et nous
tombons sur une petite troupe de dauphins ....roses!
Non, on n'a pas bu, ils sont gris sur le dos et roses sur le ventre,
seulement on ne voit pas toujours leur ventre.... Et pour la photo, je
n'ai eu qu'un bout de nez blanc !
Il n'y a que la loutre géante que nous ayons loupée....
Nous rentrons déjeuner, enchantés, nos 2 cuisinières, Ninfa et sa
maman Janira, nous ont préparé un délicieux repas, les spaghettis al
dente, les petites bananes vertes frites, le poulet, tout est bon,
nous prenons nos meilleurs repas depuis le début du voyage, ici et
chez Martin.
AVERTISSEMENT:
Herpétophobes, Viviane, Maryse......
Ce qui suit est susceptible de vous choquer !
L' après-midi nous partons à la chasse à ...l'anaconda.....
Brrrrrrrr !
Le fameux ( ! ) Tony Martin, est en photo sur le prospectus de
l'agence avec un anaconda sur les épaules !
Nous, nous partons à la recherche du monstre avec Alin !
Il entre pieds nus dans la boue des canaux presque à sec, remue les
jacinthes d'eau, dérange un caïman qui s'éloigne en grommelant, on
croit que c'est du cinéma quand, soudain, on aperçoit La Bête !
C'est une femelle d' environ 6 ms, pas commode, elle nous regarde d'un
sale œil ! On prend des photos et on lui fiche la paix. Les anacondas,
c'est comme les champignons, une fois qu' on a trouvé le premier......
On tombe sur un mâle, plus petit, bien planqué dans les herbes, on le
hisse sur la berge pour mieux lui tirer le portrait et, en rentrant au
campement, sans même chercher.....on en aperçoit un troisième !
Le soir il n'a pas plu, et après avoir affronté les grosses bêtes,
il a fallu en supporter de plus petites !
Des myriades de moucherons nous tombent dessus, sans crier gare !
Difficile de nous endormir, ça chatouille!
Dans la nuit je me réveille, les intrus ont disparu et j'ouvre grand
la porte, aussitôt arrive Totor ( on les appelle tous Totor!) un
adorable chiot ( qui doit déjà faire dans les 30kgs! )
Totor commence à ronfler et Alain se demande qui partage notre
chambre !
Bien avant l'aube, le vacarme commence: les coqs donnent le signal
( quels volatiles stupides!), les dindons, les chiens, les poules, et
tous les petits oiseaux reprennent en chœur !
Après le petit déj. on part faire une promenade à cheval.
Les chevaux sont beaux et bien entretenus, on voit encore plein d'
oiseaux. Une fois rentrés au camp, on part à pied avec Totor mais cet
andouille se plonge dans l'eau d' un canal et on craint qu' il se
fasse bouffer par un caïman ou un anaconda !
Ce soir, Raùl, notre guide, nous a prévenus, on doit aller pêcher
notre dîner!
Alain et moi, on n'est pas très doués, heureusement que nos
compagnons se débrouillent mieux !
On aura quand même quelque chose à se mettre sous la dent: quelques
piranhas, pleins d'arêtes, et d'autres poissons plus charnus
Les bandes d'ibis qui picorent dans la plaine pendant notre partie
de pêche ressemblent à des coquelicots dans un champ de blé.
Alin déniche une grosse tortue terrestre.
Dimanche matin, nous repartons pour Mérida, sur la route il y a
parfois un caïman écrasé.
On aperçoit un fourmilier, il s'éloigne d'un pas vif et lourd à la
fois, ici les gens l'appellent "oso hormiguero", il est de la taille
d'un ours brun.
Les orages de ces derniers jours ont provoqué des incendies un peu
partout, mais les berges des étangs commencent à reverdir.
On passe dans l'état de Barinas, les incendies ont sévi plus fort ici
car il y a beaucoup d' arbres immenses, la Ceiba, les Samanes en
fleurs, l'arbre à oreilles ( les gousses, marron foncé, en demi-lune,
ont la forme d'une oreille !)
Des manguiers pendent les petites mangues encore vertes, comme les
boules du sapin de Noël.
La route monte dans le brouillard jusqu'à 3700ms, puis redescend
rapidement sur Mérida où un beau soleil nous accueille.
Demain, on rentre en Colombie








mardi 9 mars 2010

Voyage Colombie/Venezuela X



Frailejones. Joubarbe .
travaux des champs


Alejandro. gamins du village .chemin de l ecole



les bricoleurs .San Jose del Sur. Pour Therese



La petite maison dans la prairie .comme dit le pecheur "mes illusions sont detruites"
Jeudi on quitte La Playa pour Cucuta à la frontière venezuélienne.
C'est une grande ville, comme on repart demain on reste près du
terminal de bus. Il fait une chaleur à crever, on fait une orgie de
papaye, j' en profite pour vous envoyer le VIII, le IX est en
brouillon !
Pendant la nuit il y a plusieurs averses et au matin il pleut encore.
On patauge jusqu'au terminal dans la chaleur moite.
La frontière est à une quinzaine de kms mais il nous faut 1h. en bus,
pour traverser les embouteillages et 10 mns pour passer au Venezuela
où il pleut aussi !
La montagne est noyée dans la brume, on ne voit que les bouteilles
jetées par les passagers des bus ... et les bas-côtés cramés !
On s'arrête à Capacho, une jolie petite ville que Solange et Sabin
avaient repérée à l'aller, mais la pluie menace encore et on est
chargés avec nos gros sacs. On boit un café et on se pose dans le
jardin public pour décider de la suite.
Des lycéennes nous abordent en anglais, mortes de rire quand je
réponds en espagnol !
- D'où venez-vous?
-Que pensez-vous du Venezuela ?
-Comment trouvez-vous la cuisine ?
Air connu !!!
On échange les hymnes nationaux, et on se photographie mutuellement et
je dois leur dire qu'on est là pour regarder la carte, sinon on en a
pour la journée !
On va se pencher sur la carte, quand arrive un jeune policier, on lui
aurait dit qu'on était martiens....ça ne lui aurait pas fait autant
d'effet !!!!
Je lui offre une carte postale, il est ravi, allez on a du boulot !
On repart pour San Cristobal et pour Merida dans la foulée, on arrive
crevés à la nuit tombée ....et on se fait arnaquer par un taxi qui
nous dépose à un hôtel pas super... ça fera l'affaire pour cette
nuit.
Le matin on fait un tour en ville, le fameux téléphérique, construit
par des français est en panne ( faute d'entretien ), on se renseigne
et on repart chercher nos sacs à l' hôtel, nous voilà partis pour
faire le tour des villages du sud.
Sur le papier, ça n'a pas l'air compliqué !
Bus jusqu'à El Ejido, là il faut prendre une Jeep jusqu'à San Jose
del Sur.... C'est trop tard, elles sont toutes parties !
On négocie avec un taxi, une chance Ivan est de San Jose et il
aimerait aller faire une bise à sa maman qui a un petit resto dans le
coin !
1h1/4 plus tard, on boit un chocolat chez la maman d'Ivan:
- "Tu vas bien rester manger quelque chose !"
- "Non, maman je travaille"
- "Mais une petite arepa, tu es tout maigre ! " ( pffff !!!! )
- " Bon, je les dépose et je repasse "
Toutes les mêmes !!!
Ivan nous amène à la Posada de Martin, le bonhomme nous semble un
peu confus, il a un peu bu, il voudrait nous louer une cabane, mais
elle est déjà réservée, à ce moment là arrivent les clients,
justement .....Il y a bien une grande chambre pour 4, mais il faudrait
l'arranger un peu !
Comme on fait son lit on se couche dit le proverbe, eh bien là, les
gars ont carrément monté le lit encore emballé sous plastique. C'est
pas ça qui fait peur à des spécialistes d' Ikéa !
Un autre lit est déjà monté, on fait un peu de ménage, un bon coup
de balai et c'est beaucoup mieux, Martin nous apporte des oreillers
pas déballés et des draps propres. Le soir, dégrisé, il nous
cuisine des truites délicieuses qu'il vient de pêcher dans un bassin
de sa pisciculture.
Le dimanche matin, on fait une grande promenade dans la montagne, on
longe une petite route qui se perd dans le lointain, le paysage n'est
pas emballant, la montagne est pelée, mais il y a des petites fincas
fleuries, des chevaux attachés devant les maisons et de vieux 4x4
Toyota fraîchement repeints. Les pentes sont couvertes de frailejones,
de drôles de plantes aux feuilles duveteuses dont la floraison est en
septembre.
On s' arrête pour déjeuner dans un petit resto au milieu de nulle
part et on se régale d'arepas débordantes de fromage fumé.
Le soir on fête la "despedida" de Solange et Sabin qui continuent sur
Caracas (leur avion est le 14 et ils veulent faire plage avant le
départ), nous, on va rester une journée de plus avant de remonter
doucement vers Maracaïbo. On perd nos compagnons de belote, va falloir
se remettre au rami !
On s'offre une bouteille de vin chilien et Martin, gentiment, nous
glisse, après la truite, une assiette de fromage fumé.
Dans les arepas, c'était bon, mais là, sans pain....ça a du mal à
passer !
Ce n'est pas un mais deux jours supplémentaires que nous avons passés
chez Martin, on a rechargé nos batteries car deux jours de bus nous
avaient bien mis ... à plat !
On"glandouille" toute la journée, on regarde tourner les truites ( en
essayant de trouver celle qui sera dans notre assiette, ce soir! ), à
midi on remonte à Los Pinos (au moins 5 kms, et ça grimpe !) manger
des arepas.
On a l'impression d' être en vacances !!!




vendredi 26 février 2010

Voyage en Colombie IX

















Lundi matin, on arrive à La Playa de Belen. Le village est ravissant,
il a été déclaré Monument National en 2005. Il jouxte un magnifique
Parc, Los Estoraques, sortes de cheminées de fées, où il y a de
belles ballades à faire. Il y a aussi un joli hôtel avec piscine et
on décide de se poser au moins 3 jours!
Pas de wi-fi (ici on dit ouaye-faye ! ), seulement Internet, il faudra
attendre un peu pour le VIII et le IX !
Hier soir on a passé une soirée un peu chahutée avec un couple de
colombiens de Bogota qui sont à notre hôtel et leurs copains du coin,
ils nous ont fait boire du "boleganche", un alcool anisé de
fabrication locale et artisanale et ...qui déménage. !
Mais, ce matin, on n'avait même pas mal à la tête !
On est partis à l' aventure, une charmante dame, Ana, nous a signalé
un endroit magnifique, une sorte de cathédrale naturelle, une Vierge
et un autel en béton au milieu des Estoraques (ceux qui sont hors du
Parc ). Au mois de mai on y célèbre des messes chantées. On s'est
enfoncés dans le labyrinthe le plus loin possible jusqu'à ce qu'on
découvre dans une cavité ce qui nous a semblé la mue d' un serpent
énorme....Sauve qui peut !!!!
On a grimpé par des chemins de chêvres, jusqu' au sommet, la vue
était superbe, mais on a dû retourner sur nos pas, il n'y avait plus
de passage.
Au retour, Ana nous a arrêtés pour nous inviter à une "limonada"*
maison et nous poser les inévitables questions:
-Que pensez-vous du pays?
-Vous n'avez pas eu peur des FARCs?
Et surtout.....
-Comment trouvez-vous la cuisine colombienne ?
J'ai de plus en plus de mal à répondre avec diplomatie à cette
épineuse question !
On a goûté la cuisine de l'hôtel ....épouvantable !
On se rabat sur les "comidas" le midi, c'est invariablement viande ou
poulet accompagné de yuca, plantain, riz et une cuillère de salade de
chou et d' oignons, 2 rondelles de tomate.
Le soir on trempe des biscuits dans le café et on mange un yaourt.
Pour se réconforter on goûte les "brevas", des figues vertes au
sirop, farcies d'arequipe ( confiture de lait), ou encore l'arequipe
avec coco ( hmmmm !!).
On rêve d'épinards, de brocolis, de concombre....d'une vraie salade
de tomates. Solange et moi, on échange nos recettes de cuisine !!!
Dans le village, les policiers nous arrêtent, ils n'ont pas grand
chose à faire, ils jouent aux échecs toute la journée, et 4
touristes européens d'un coup.... ça se remarque !
( les vieux nous ont raconté qu'un jour il y a eu 2 australiens, et
même une "gringa" blonde et très grande qui est restée 2 ans pour
étudier les Estoraques !! )
Le chef de la police veut nous faire la promotion du village et
profiter de notre présence pour faire quelques photos.... On va être
dans le journal local et peut-être même dans la brochure
touristique !!!!!
Nous, on ne sait même pas comment on est arrivés ici, l'endroit n'est
même pas dans le guide !

*la limonada se fait avec de la panela, le résidu de la canne à sucre
vendu en gros pavés de couleur brune, diluée dans de l'eau et du jus
de citron. Quand ce n'est pas trop sucré c'est très bon et
désaltérant.






Voyage en Colombie VIII







Coucher de soleil Cabo de la Vela












Dans la neige







A Manaure, pays de wayuus


















Cabo de la Vela












Vu de notre chambre ......


Coucher de soleil au Cabo de la Vela
Lever de soleil au Pilon de Azucar

Totor, notre chien guide wayuuAlain a une nouvelle copine

En attendant les langoustes......


Après un rapide passage à Riohacha, puis Uribia, des villes peuplées
rien que par des wayuùs (prononcez :voyous !), nous sommes arrivés au
Cabo de la Vela
Là aussi il n'y a que des wayuùs, mais ils n'ont pas l'air méchant !
Alors là, oui, c'est vraiment la plage de rêve, l'eau est entre
émeraude et turquoise, et chaude.... Chaude!
Hier on a fait des photos genre " j'escalade une montagne enneigée",
je peux vous le dire, c'était du sel !
Et aujourd'hui, l'eau est au moins à 28•.Avant hier, on est aussi
passé à Camarones, Alain s'est acheté 1 livre de crevettes
décortiquées, encore tièdes, on a photographié plein d'oiseaux.
Ce soir, enfin bientôt, après la sieste, on ira jusqu'au phare pour
faire des photos du coucher de soleil. Il paraît que le matin, les
plus jolies photos sont à 6 hrs..... Demain, on ira peut-être !
On va se coucher tôt, il n'y a pas d'électricité !
Une petite belote avec nos compagnons de voyage, Solange et Sabin
et.... Au lit!
Jeudi matin:
Eh oui, on s'est levés à 6h du mat' pour vous faire de belles photos
avec un bel éclairage et tout, et ensuite on est allés commander nos
langoustes pour le déjeuner, pendant qu'elles grillaient on s'est
installés dans des hamacs pour regarder la mer ...... C'est trop dur !
Demain on retournera à la civilisation, mais que c'est bon d'être
ici !
On loge dans un bungalow tout ce qu'il y a de plus basique, on se lave
avec un seau d' eau et une calebasse, l' eau arrive par camion-
citerne, mais notre logeuse est charmante. Au cas où, voici l
'adresse :
Donde Remedio Guttierez, Tierra del Encanto. Cabo de la Vela . Guajira.

La transition a été plutôt abrupte: Vendredi après-midi, on se
retrouve dans une petite ville grouillante de monde, là où arrivent
du Venezuela voisin tous les produits de contrebande !
Ici, tous les commerçants sont libanais.
Il y a même du Champagne français à 30€ !
C'est sale et ça pue, on a très vite mal à la tête, mais c'est
l'étape obligée pour notre trajet de demain. On n'a pas envie de
s'attarder quand on voit devant les magasins des vigiles armés de
fusils à pompe !
Donc, samedi matin, nous voici postés sur la route, attendant le
passage du bus pour Valledupar. 3h30 plus tard nous arrivons dans une
petite ville pimpante qui nous semble un paradis comparée à Maicao.
On a un bel hôtel avec la clim ( ce n' est pas du luxe !!)
Demain, nous continuerons vers Ocaña, pour nous rapprocher doucement
du Venezuela.
Dimanche après-midi, à Ocaña, plus de transport pour "la Playa", la
Playa de Belen, un village de montagne près d'un Parc National. On se
loge dans un petit hôtel, les chambres sont disposées autour d'une
cour décorée d' hibiscus aux couleurs tendres que butinent les
colibris. Ocaña est une ville moyenne, plutôt agréable, à 1200 ms
d'altitude. On y respire un air léger, ça nous change de la chaleur
étouffante de la côte caraïbe. On tape le carton dans la cour, les
femmes contre les hommes, ça nous évite de nous faire engu....er par
Marius et César!






mardi 16 février 2010

Voyage en Colombie VI





Hier en arrivant àTaganga, on n'était pas très frais !
Aujourd'hui, on a fait quelques courses à Santa Marta, on est
rentrés à l'hôtel en attendant de laisser passer la grosse
chaleur.....et on s'est endormis jusqu'à presque 18h !
Il fait très chaud à Taganga, même s'il y a de la "neige" plein les
rues !
Ce soir on a retrouvé un couple de belges qu'on avait connus dans le
bus.
Il y a aussi pas mal de français, le village, niché au creux de sa
baie, est vraiment plaisant. Nous avons trouvé un hôtel un peu en
retrait sur la colline, on a une belle vue sur la mer et la plage.
Dans la montagne, j'ai beaucoup parlé avec Claudia, ma jeune amie.
Voici la Colombie, telle qu'elle la vit au quotidien :
C'est un pays extrêmement violent, les journaux ne parlent que
d'assassinats et de règlements de comptes, cependant les truands,
narcotraficants et ex-paramilitaires se massacrent entre eux,
désormais .
Quand elle était jeune fille (elle a 40 ans) il n'était pas question
de sortir le soir, d' aller au cinéma, à tout moment on risquait
d'être enlevé. Au début, les FARCS n'enlevaient que les riches, plus
tard, c'était n'importe qui, pour avoir le plus de prisonniers
possible.
Son propre père a été otage pendant 1 an, sa mère a dû payer une
rançon, et un de ses cousins a été tué par les paramilitaires....
Une famille ordinaire.
Son cursus universitaire était de 5 ans (elle est vétérinaire ) mais
il lui en a fallu 8 pour obtenir son diplôme, l'université était
souvent fermée.
Son mari était propriétaire d' une très jolie "finca", un jour les
"paras" ont débarqué, les ont virés et s'y sont installés. Quelque
temps plus tard, le mari est allé voir, ils lui ont mis 100 000 000 de
pesos ( 33 000 € env. ) dans les mains, il a refusé, disant qu'il
ne voulait pas vendre ( elle valait 10 fois ce prix ) ils ont répondu
qu'ils achèteraient .... à la veuve. Il a signé.
Claudia dit que la mort de Pablo (Escobar) et la quasi liquidation
des FARCs sont ce qui est arrivé de mieux à la Colombie depuis des
années.
Il y a une pub sur les affiches et à la télé, qui montre des
militaires et qui dit: "en Colombie, oui, les héros existent"
Les militaires sont très présents partout, les colombiens leur sont
reconnaissants. En tout cas, en tant que touristes, on se sent plutôt
en sécurité.
Beaucoup de paysans qui possédaient leurs terres, du bétail, ont
été chassés par les FARCs, c'est le cas de notre guide el Indio et
si lui a réussi à se reconvertir( ses beaux-parents ont une finca et
quand il ne guide pas il travaille avec eux), combien se retrouvent à
mendier dans les grandes villes .
La fille de Claudia aura 15 ans le 16 février prochain, et, pour elle,
comme partout en Amérique Latine, c'est une fête très importante.
Elle est contente que sa fille ne lui ait pas demandé de lui offrir à
cette occasion une opération de chirurgie esthétique, car c'est ce
que demandent le plus les jeunes filles !
Une de ses nièces, à 19 ans, a déjà subi 5 opérations !
Il y a ici un culte du corps incroyable, mais ce n'est pas facile de
se couler dans le moule, quand on est habituée à cuisiner gras et
sucré !
Alors on triche avec la "faja reductora", la gaine amincissante qui
remonte les seins sous le menton, rentre le ventre, la taille, les
poignées d'amour et finalement remonte les fesses. Mais quand on
enlève tout ça...... Autant vous dire que des silhouettes de rêve on
en a vu surtout dans les vitrines des magasins !!!!
( Alain me dit que ce n'est pas vrai..., il en a vu, lui !)
Changeons de sujet : La cuisine
Franchement pas terrible!
C'est comme en Equateur, avec tout il y a du riz et des frites!
Et en plus c'est très fade. Heureusement, à midi on a mangé un très
bon poisson avec une sauce au coco et curry, c'était
notre meilleur repas depuis le début .
Avec nos copains belges, on passe le w.e. au frais dans la montagne,
dans la finca de Claude et Gloria.
C'est un vrai paradis : des fleurs partout et une rivière qui court et
remplit une piscine naturelle.
Gloria est une excellente cuisinière et Claude, qui est suisse, nous
fait une fondue, ,,!
Pour entrer dans la propriété il faut traverser la rivière à l'aide
de la "tarabita" : un siège ( comme une balançoire) glisse sur un
filin et on tire sur une corde pour avancer. C'est rudimentaire, mais
pratique et la rivière n'est pas large. On a déjà eu pire !
Mais pour arriver jusque là, il faut prendre un bus à Taganga,
changer à Sta Marta, aller jusqu'à Bonda et prendre des motos-taxis
sur 7 kms de piste!.... J'ai commencé à me décontracter au bout de
6kms800.
Vendredi soir nous étions allés au Cinéclub de l'Alliance Française
voir Adjani dans Camille Claudel, c'était un peu longuet ( surtout sur
des chaises en plastique ), mais c'est là que nous avons rencontré
Gloria et Claude que nos copains connaissaient déjà .
C'était une bonne introduction pour la suite car nos hôtes
construisent une hutte Kogi avec des matériaux et des méthodes
traditionnels. Le lendemain, donc, nous voici à pied d'œuvre !
Alain prenait le travail très au sérieux, on dirait qu' il a fait ça
toute sa vie, Christiane et moi, on a commencé à s'envoyer des
poignées de boue.....vous verrez les photos, c'est pas joli-joli !!
On a traîné un peu longtemps à Taganga, on va aller au Carnaval de
Barranquilla
Je vous raconterai ça.








Voyage en Colombie VII (2)


Le Carnaval de Barranquilla était un peu décevant, le Petit Futé en
parlait avec tant d'enthousiasme !
Rien à voir avec celui d'Oruro en Bolivie, dont les costumes et les
couleurs sont éblouissants. Là, c'est l'ambiance qui est incroyable.
On n'a pas pris place dans une tribune, c'est hors de prix et les
billets se vendent pour 3 jours!
On a loué des chaises en plastique et on s'est installés au milieu
des colombiens, il faisait une chaleur à crever, un soleil de plomb,
la bière Aguila coulait à flots, et les esprits s'échauffaient !
Juste devant la barrière, un petit groupe restait obstinément debout,
quand les premiers chars sont arrivés, tout le monde s'est mis à leur
crier de s'asseoir, à leur lancer des canettes vides, elles ont fini
par s'asseoir, non sans quelques invectives bien senties!
En tête du défilé, les balayeurs dansaient, le balai à la main!